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Choisir son taureau reproducteur avec un maximum de garanties

Le 29-06-2009 par A. Renault - F. Orféo (Maison Elevage )

Le choix d'un taureau doit être raisonné en fonction des critères à améliorer dans un troupeau. L'exemple d'un éleveur sur la commune de Vieux.

Lorsqu'il choisit d'acheter un taureau qu'il va utiliser en monte naturelle, un éleveur de vaches allaitantes doit répondre à plusieurs objectifs. Il pense en premier lieu aux jeunes veaux qu'il va vendre pour la boucherie. Dans ce cas, le taureau doit transmettre en priorité à sa descendance un fort potentiel de croissance et une bonne conformation bouchère. Mais ce taureau va aussi souvent produire des jeunes femelles que l'éleveur souhaite garder pour renouveler les vaches de son troupeau. Dans ce cas, il doit aussi penser à conserver des génisses qui héritent de leur père des bonnes qualités d'élevage et de reproduction. Ces qualités sont plus précisément la capacité à faire naître facilement leur veau, à l'allaiter correctement, et à se reproduire régulièrement. Pour compliquer la chose, l'idéal serait aussi que ce taureau "fabrique" de futures vaches avec une bonne morphologie (à la fois en squelette et en muscle) qui deviendront des vaches de réformes bien valorisées à la boucherie. Il faut savoir qu'en matière de sélection, lorsqu'on veut améliorer les qualités bouchères, si on n'y prend pas garde, on détériore les qualités d'élevage. Heureusement, et c'est tout l'art de la sélection, il existe aussi des individus qui apportent un bon compromis sur l'ensemble de ces critères mais ils sont rares. Choix en ferme ou choix en station, nous avons rencontré Didier Arnal éleveur sur la commune de Vieux qui depuis plusieurs années a fait le choix de s'approvisionner en priorité à la station Gelioc de Naucelle (12).

La marque d'un laitier

Didier Arnal, a fait le choix prioritaire d'améliorer sur son troupeau de vaches limousines le développement squelettique et la facilité de naissance. Il possède 4 taureaux, "peut-être cinq bientôt". Aujourd'hui, il élève des broutards repoussés et des génisses de 2 ans prêtes à vêler. Autrefois en bovin lait, ces choix sont la marque d'un laitier : un suivi draconien de l'alimentation. " Les mâles et les femelles sont sevrés à 6-7 mois. Les mâles partent à la repousse. Je trie les femelles pour garder ce qui me plaît. " Et les critères de sélection de Didier Arnal sont précis : un taureau doit avant tout lui apporter de la taille et de la facilité de naissance. Depuis quatre ans, l'exploitation compte 130 mères. Il a fallu une dizaine d'années pour y parvenir. " Maintenant que le troupeau est stabilisé, je fais attention au progrès génétique.Au départ, je n'achetais pas en station, on passait directement dans les élevages et au final c'était compliqué de faire un choix. " Il est en effet difficile de comparer des veaux vus dans des élevages différents car ils n'ont pas été conduits de la même manière et élevés dans le même environnement. Didier Arnal s'est donc tourné vers la station Gelioc.Il semble y trouver son compte. Les veaux retenus ont été triés par une commission composée d'éleveurs et de techniciens. Ils proviennent tous d'élevages en contrôle de performances. Les éleveurs proposent leurs meilleurs veaux et la commission retient en moyenne un veau sur trois. C'est l'assurance de faire son choix parmi les meilleurs veaux qui peuvent être proposés sur la zone. De plus, les veaux retenus font l'objet de contrôles sanitaires stricts à l'entrée et au 5ème mois. Les maladies recherchées sont brucellose, tuberculose, leucose, IBR, BVD, et paratuberculose. C'est important car aucun éleveur ne veut prendre le risque d'acheter aussi des maladies.

Choix des performances et prix

Enfin, l'ensemble des informations (parents, performances en ferme, performances en station, valeurs génétiques des parents) sont fournies dans un catalogue très complet disponible pour tous les acheteurs. Tous ces éléments sont objectifs, contrôlés et attestés par des organismes indépendants : EDE, Bovins croissance, Herd-Book, Institut de l'élevage. " Quand je monte à la station pour les ventes, j'ai déjà coché sur le papier 4 ou 5 pages, en me basant sur les informations du catalogue " explique Didier Arnal. Le prix d'un taureau sorti de station est en général plus élevé qu'un veau acheté en ferme. Mais il convient là aussi de bousculer quelques idées préconçues. Il faut retenir des prix moyens " raisonnables " compte tenu de l'âge des veaux et de la qualité présentée avec des prix de départ légèrement supérieurs à 2000 €. Certes un très bon veau à atteint plus de 5000 € aux enchères mais il n'est pas représentatif de l'ensemble de la vente. Malheureusement, certains ne retiennent toujours que ce prix maxi atteint par un veau exceptionnel ou très convoité. A l'avenir, Didier Arnal travaillera sans doute sur d'autres critères pour son troupeau. "J'ai un neveu qui a 14 ans et qui s'intéresse beaucoup à la génétique. On verra si on se met ensemble à travailler sur ce point et ensuite, pourquoi pas, vendre des veaux à la station."