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Elevage laitier : le contrôle des machines à traire

Le 01-09-2009 par J.-P. Jaudon (Maison Elevage )

Un bon réglage et un bon entretien de la machine à traire sont indispensables pour assurer une bonne traite. Le point avec la maison de l'élevage du Tarn.

Un bon réglage et un entretien rigoureux de la machine à traire sont indispensables pour assurer une bonne traite. Chaque année, environ un tiers seulement des éleveurs font vérifier leur installation de traite par des agents techniques agréés. Or il s’avère que les dysfonctionnements sont nombreux Le point avec Serge Albinet, contrôleur machine à traire à la Maison de l’Elevage du Tarn

"Une machine à traire doit permettre d’assurer une traite complète, efficace, de qualité et un lavage adapté " explique Serge Albinet, contrôleur machine à traire à la Maison de l’Elevage du Tarn. " De trop nombreux problèmes sanitaires et de qualité du lait ont pour origine des machines à traire mal conçues, mal réglées ou mal utilisées... "

Les anomalies de fonctionnement de la machine à traire agissent inévitablement sur la santé de la mamelle et sur la qualité du lait. On peut distinguer deux types d’anomalies : les défauts de réglage de la machine et les problèmes liés à l’entretien de la machine.

Les défauts de réglage de la machine et les conséquences :

- un niveau de vide mal adapté et une anomalie au niveau de la pulsation sont traumatisants pour la mamelle de la vache ; ils provoquent une inversion du sphincter, la congestion des tissus des trayons et des micro hémorragies;

- une pompe à vide n’ayant pas un débit suffisant ou des fuites anormales sur l’installation entraîne une diminution ou une insuffisance de la réserve réelle, indispensable pour une traite de qualité;

- un manchon inadapté à la taille des trayons entraîne la formation d’une bague autour du trayon à la base de la mamelle (anneau de compression);

- une griffe de capacité insuffisante, un diamètre des tuyaux à lait insuffisant, un diamètre et une pente de lactoduc incorrects entraînent un engorgement responsable de variation de vide lors de la traite.

Les problèmes liés à l’entretien de la machine et les conséquences :

- un régulateur encrassé peut entraîner une modification du niveau de vide des tuyaux à lait, un lactoduc ou une chambre de réception défectueux, un piège sanitaire mal nettoyé, altèrent la qualité bactériologique du lait;

- des tuyaux de pulsation défectueux modifient les phases de massages et succions.

Tous ces anomalies liées à un défaut de réglage ou d’entretien de la machine ou encore d’une mauvaise utilisation de la machine peuvent détériorer les défenses naturelles de la mamelle et favoriser l’apparition de mammites.

Vérifier l’installation tous les ans

Une machine à traire tourne 800 à 1 000 heures par an. Même bien conçue, elle peut se dérégler comme toute mécanique en fonctionnement. Pour une bonne prévention des problèmes de qualité du lait et sanitaire, il est vivement recommandé de contrôler l’installation une fois par an par un agent agréé " OPTI traite ". Il est également recommandé de nettoyer le régulateur 2 à 3 fois par an, de changer les manchons régulièrement (toutes les 2 600 à 2 800 traites), les tuyaux à lait tous les 2 ans et les tuyaux de pulsation dès qu’ils se craquellent. Enfin, il est nécessaire de regarder régulièrement l’état des raccords des tuyauteries et du piège sanitaire. Dans le cas d’une traite en pot trayeur, mieux vaut laver régulièrement la canalisation du vide.

"OPTI traite" est un contrôle des machines à traire réalisé selon un protocole précis mis au point par l'Institut de l'Elevage. C'est la garantie d'un travail effectué exclusivement par un agent agréé. La méthode OPTI traite est adaptée à tous les types d'installations, du pot à terre à la salle de traite la plus sophistiquée, et à toutes les espèces (bovins, caprins, ovins).

Le contrôle consiste à un examen visuel et à un relevé de mesures qui permettent de passer en détail l’état et le fonctionnement de l’ensemble des composantes des machines à traire. A l'issue du contrôle, un bilan global est remis à l'éleveur avec un commentaire sur les améliorations à apporter qu’il est indispensable de réaliser au plus tôt. Une vignette officielle est apposée sur l'installation. Elle seule garantit la réalisation d’un contrôle agréé.

Dans la région Midi-Pyrénées, des agent des EDE et des chambres d’agriculture ainsi que des agents travaillant pour des concessionnaires sont agréés et peuvent intervenir sur leur département ou un département voisin de Midi-Pyrénées. " Dans le Tarn, seulement un tiers des installations sont contrôlées ", rappelle Serge Albinet ; " Compte tenu de l’importance de la machine à traire sur la qualité du lait, c’est insuffisant. Il faudrait que tous les éleveurs le fassent. D’ailleurs, certaines laiteries donnent des aides pour effectuer le contrôle régulièrement. "


Liste des installateurs agréés

De Laval Manhaval Fabre – Saint Juéry
Gascoigne Ets Oulmière - Castres
Packo Fulwood Ets Foulquier – Le Sequestre


Pas de petites économies pour l'entretien de la salle de traite

Avec une installation de traite au coût très raisonnable, le GAEC Lecourt obtient des résultats très satisfaisants au contrôle laitier. Sa recette ? Le contrôle de la machine à traire chaque année, l’hygiène et la surveillance des bêtes. Entretien avec Christophe Lecourt.

Christophe Lecourt élève une trentaine de vaches laitières de race Prim’Holstein sur la commune de Marssac depuis 1994. " Dès que je me suis installé sur l’exploitation, j’ai fait contrôler la machine à traire, pour éviter les mauvaises surprises, " se rappelle Christophe Lecourt. " J’ai changé la machine en 1995 et depuis 1996, je fais contrôler l’installation chaque année, au mois de septembre, juste avant les mois d’octobre, novembre et décembre, quand le prix du lait est le plus haut… "

"Chaque année, je change les manchons ; je remplace les tuyaux à lait tous les deux ou trois ans et les tuyaux de pulsation tous les trois ou quatre ans, cela dépend de l’état d’usure des pièces. Mais quelles que soient les pièces à changer, je remplace toujours les pièces usagées par des pièces de marque. Et au moindre problème pour du matériel spécifique, je contacte directement le concessionnaire. Je pense qu’on ne doit pas faire de petites économies pour la salle de traite. Une anomalie sur la machine peut faire très mal au niveau de la qualité du lait et on a vite fait de perdre de l’argent… En ce qui me concerne, le contrôle me coûte chaque année environ 700 F TTC et la coopérative me rembourse 80 % de la dépense. Avec la TVA en moins, cela ne me coûte pas beaucoup et j’ai de bons résultats sur la qualité du lait. "

" La qualité, c’est un tout "

Si la surveillance et l’entretien de la machine à traire sont nécessaires pour avoir de bons résultats techniques (voir notre encadré), ce n’est pas suffisant. " La qualité, c’est un tout. En particulier, je fais très attention à la propreté des vaches avant, pendant et après la traite. Pour la traite, j’utilise des lavettes individuelles pour nettoyer le pis, je tire les premiers jets dans un bol à fond noir pour les quatre trayons et à la sortie, je n’oublie pas le trempage à l’iode des trayons. Si une vache a une mammite, je trempe la griffe dans de l’eau de javel après la traite et je recommence l’opération avec cette vache à chaque traite, tant que je n’ai pas reçu la fiche de résultats " cellules " qui prouve que la mammite a disparu."

" Je peux dire que je prends mon temps pour la traite ; il me faut environ vint minutes pour passer une bande de 8 vaches, soit une bonne heure pour tout le troupeau.

 Après la traite, il faut environ vingt minutes pour que les sphincters des trayons ne se referment ; alors pour éviter que les vaches se couchent après la traite avec le risque d’infection que cela suppose, je distribue l’aliment juste avant la traite afin que les vaches retournent manger avant de se coucher. "

Un paillage régulier des litières, un rabotage de la stabulation tous les deux jours pendant l’hiver, une bonne organisation de la traite et… un contrôle régulier de la machine à traire, voilà la méthode de Christophe Lecourt pour éviter les mauvaises surprises et obtenir de bons résultats au contrôle laitier.

Le GAEC Lecourt en bref

Main d’œuvre : 2 UTH (2 frères)

SAU = 70 ha (terres et bâtiments en location)

30 vaches laitières, 280 000 litres de quotas

Salle de traite : deux fois 4 postes avec décrochage automatique

Résultats techniques contrôle laitier 2008 :

Production moyenne par vache = 9 500 litres

TP = 31,6

TB = 41,6

Cellules = 100 % du lait livré en super A

Germes = 100 % du lait livré en super A

 


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