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Le pourridié racinaire de la vigne

Le 19-10-2008 par A. RENAULT (le Paysan Tarnais )

Caractéristiques et moyens de lutte contre cette maladie de la vigne.

Le Pourridié racinaire de la vigne

Le Pourridié racinaire est une maladie très grave. Dans le département du Tarn, cette maladie, sans être très répandue, est disséminée un peu partout, notamment dans les vieilles parcelles où sont plantés des arbres fruitiers. Le diagnostic du Pourridié est parfois délicat ; en effet, les symptômes apparaissent plusieurs années après la contamination et aboutissent inéluctablement à la mort des plantes.

L’agent responsable de la maladie du Pourridié racinaire, qui sévit essentiellement dans la partie sud de la France, est un champignon (Armillaria mellea). Ce champignon a besoin d’une certaine quantité de chaleur pour réaliser son cycle. Il se développe surtout sur le bois mort présent dans le sol (vieilles racines, en particulier d’arbres fruitiers ou de chênes, ou encore d’anciennes vignes). Dans un second temps, il parasite les racines vivantes des souches en place, ce qui provoque des symptômes de dépérissent après un laps de temps plus ou moins long. Son développement est favorisé par la stagnation de l’eau dans les sols (sols compactés, mal drainés ou hydromorphes, présence de mouillères…).

Dépérissement des souches

Dans un premier temps, la maladie se manifeste par un dépérissement progressif des souches : débourrement difficile, croissance ralentie, entre-noeuds raccourcis, feuilles plus petites et vers le milieu du cycle annuel de la vigne, jaunissement ou rougissement du feuillage (suivant la couleur du cépage). Elle se traduit également par une apoplexie brutale des pieds (plus ou moins rapide, mais en général, ce stade de la maladie est atteint après plusieurs années) : face à de forts problèmes d’alimentation, la souche dépérit brutalement à l’approche de l’été, le feuillage se flétrit et la mort de tout ou partie du cep intervient rapidement.

La maladie se développe en foyers : il se crée, au fil des années, des ronds de souches malades ou mortes, autour des premières souches atteintes. En effet, le champignon progresse en attaquant les racines de proche en proche. La progression est rapide dans les zones les plus humides, et sur les vignes peu vigoureuses. Sur les racines, et parfois jusqu’au collet, on peut observer les symptômes suivants :

- forte odeur de champignon,

- écorce très foncée, voire noirâtre, qui se délite facilement

- présence d’un manchon blanchâtre juste sous les écorces, formé de mycélium (filaments du champignon)

- à un stade avancé, en zone très humide, le bois des racines est complètement dégradé, très spongieux et de couleur orangée. La souche ne tient alors quasiment plus au sol.

En cas de maladie, que peut-on faire ?

- Avant toute plantation, suivant un arrachage, il est indispensable d’extraire et de brûler un maximum de racines, si nécessaire en réalisant deux défoncements croisés.

- Il est conseillé de dévitaliser les souches avant arrachage. Cette opération facilitera l’extraction des racines qui seront de plus moins sujettes aux attaques du champignon.

- Un repos du sol de 4 ou 5 ans est un facteur qui permet de réduire fortement les risques. Une culture d’orge est alors conseillée, car il semblerait que les racines de cette céréale produise un exsudat légèrement inhibiteur sur la croissance du champignon. D’une manière générale, tout ce qui favorise l’aération et la vie microbienne du sol active la dégradation des résidus ligneux durant la période de repos du sol.

- Favoriser l’écoulement de l’eau (drainage si nécessaire, fossés bien entretenus, décompaction soignée…)

- Enfin, aucun porte-greffe ne semble résistant au pourridié. Tout au plus peut-on supposer que les porte-greffes les plus vigoureux dépérissent moins rapidement grâce à une plus grande capacité à régénérer des racines.

On peut aussi recourir à la lutte chimique : elle sera d’autant plus efficace que les conseils de prophylaxie auront été bien appliqués. Deux spécialités permettant une désinfection des sols sont aujourd’hui homologuées :

* ESACO (Métam-sodium), homologué aussi sur nématodes (lutte contre le court-noué)

* ENZONE (Tétrathiocarbonate de sodium)

Ces deux produits agissent par vapeur et respectent la microflore antagoniste de l’Armilaria, en particulier les trichodermes (autres champignons du sol qui empêchent le développement du parasite). Ils s’appliquent soit en plein avant plantation à l’aide d’un matériel adapté (griffes à injection), soit au trou pour désinfecter de petites zones atteintes sur des vignes en place. Dans ce dernier cas, il faut d’abord procéder à l’arrachage soigneux du rond atteint, étendu aux souches apparemment saines qui le bordent. La plantation ou replantation pourra intervenir un mois (ENZONE) ou 2 mois (ESACO) après cette désinfection.

Consultez la fiche technique sur le site de l'IFVV