Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

puce_orange.gif
Propagation des champignons associés aux maladies du bois

Le 18-00-2009 par P.Larignon - IFV Rhône-Méditer ( )

Les champignons associés aux maladies du bois se propagent par le matériel végétal et se multiplient en pépinières.

Des enquêtes réalisées auprès des pépiniéristes du sud-est et du sud-ouest de la France montrent que les plants à la sortie de la pépinière hébergent la plupart des champignons associés aux maladies du bois. Leur présence dans les plants est plus ou moins importante selon les lots analysés, des lots peuvent être fortement infectés, d'autres non. Cette variabilité est probablement due à l'origine du matériel végétal et/ou processus de fabrication des plants. C'est le principal résultat des études IFV menées avec la chambre d'agriculture du Vaucluse, le syndicat des pépiniéristes du Vaucluse et de Midi-Pyrénées. Ces résultats sont en plein accord avec les recherches menées dans d'autres pays producteurs de plants. Face à ce constat, les pépiniéristes en relation avec les organismes de recherche et de développement ont décidé de comprendre les raisons de ces contaminations, puis de rechercher des moyens de lutte pour produire des plants indemnes de ces champignons. Ces études menées depuis 2000 ont permis de définir les étapes-clés de contamination des plants au cours de leur élaboration. Certains champignons contaminent les plants lors de la réhydratation et de la stratification par les plaies effectuées lors du greffage, du débitage et de l'éborgnage. La stratification se déroule dans des conditions très humides et à des températures chaudes (de l'ordre de 28°C), conditions nécessaires pour la callogénèse mais également favorables au développement de ces champignons. D'autres champignons infectent les plants lors de leur élevage au champ. Ces contaminations observées sont probablement dues aux sources d'inoculum situées à la surface du matériel végétal. Au vu de ces résultats, les études portent actuellement sur la recherche de méthodes pouvant désinfecter le matériel végétal (détruire l'inoculum) afin d'éviter les contaminations des plants lors des étapes à risque. 


Le traitement à l'eau chaude satisfaisant mais peut-être pas suffisant

Parmi les différents traitements testés jusqu'à maintenant (cryptonol, eau de Javel, traitement à l'eau chaude, fongicides, microorganismes antagonistes, essences de végétaux), seul le traitement à l'eau chaude (1) effectué dans les conditions préconisées dans le traitement du phytoplasme de la flavescence dorée (50°C, 45 min) donne des résultats satisfaisants car il est efficace à l'égard de la plupart des champignons inféodés aux maladies du bois. Cependant, il n'est peut-être pas suffisant pour contrôler les maladies du bois car certains champignons y restent insensibles. Seul le suivi de parcelles traitées (en cours), comparées à des parcelles n'ayant pas subi ce traitement, permettra d'apporter une réponse définitive sur sa réelle efficacité et sa durabilité. Concernant l'utilisation de microrganismes tels le Trichoderma atroviride pour empêcher les contaminations observées en pépinières, les recherches montrent leur inefficacité lorsque ces champignons antagonistes sont appliqués sur le matériel végétal par pulvérisation, par trempage avant le greffage ou apportés lors du processus de stratification ou sur les greffes-boutures lors du greffage. Pour atteindre l'objectif (obtention de plants indemnes ou quasi indemnes des champignons associés aux maladies du bois), les efforts porteront sur la recherche d'autres modes de désinfection qui seront conjugués ou non au traitement à l'eau chaude. 

(1) Le traitement à l'eau chaude présente l'avantage d'être performant sur d'autres microrganismes impliqués dans d'autres maladies telles la nécrose bactérienne, le broussin, le bois noir, la flavescence dorée…