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Quelques conseils pour entretenir correctement les haies

Le 10-08-2012 par David Campo - Arbres et paysag (le Paysan Tarnais )

Pour les agriculteurs, la taille des haies est souvent une opération pour préserver les surfaces en culture. Ces travaux doivent être raisonnés.

On a trop souvent opposé pratiques agricoles et présence de haies. Pour de nombreux exploitants, la haie concurrence les cultures et pénalise la circulation des engins agricoles. Elle génère des branches mortes qui tombent sur les parcelles et compliquent le travail. Enfin on trouve dans la haie, des ronces et de nombreux végétaux qui salissent l’exploitation. On oublie de mentionner que les haies, correctement entretenues, sont de véritables alliées des agriculteurs pour protéger les cultures du vent, augmenter le taux de matière organique, limiter l’érosion des parcelles et soutenir les talus. Elles favorisent la vie microbienne, la fertilité et la réserve en eau des sols. Elles abritent des auxiliaires de cultures limitant ainsi les populations de ravageurs tout en soutenant l’activité des insectes pollinisateurs... Pour profiter de ces bénéfices environnementaux, entièrement gratuits, les haies doivent être fonctionnelles, c’est-à-dire en bon état, et présenter une largeur minimum de 2 mètres, laissés en croissance libre avec des arbres sains, capables de fructifier. Avant d’engager des travaux on doit donc se poser les bonnes questions sur le rôle attribué à chaque haie et les contraintes particulières qui lui sont assignées.

Tailler ne doit pas être systématique

Les opérations de tailles sont souvent réalisées dans les périodes creuses de l’emploi du temps de l’agriculteur. Néanmoins la période conseillée s’étend d’octobre à mars pour préserver la faune et les périodes de nidification. Les tailles sont souvent réalisées de manière draconienne avec du matériel inadapté type épareuse qui massacre le végétal. Des interventions de ce type réduisent la haie à l’épaisseur des troncs ; elles ne produisent plus de fleurs ni de fruits et ne remplissent plus leur rôle agro-écologique. La multiplication des blessures sur les branches de gros diamètre et sur les troncs favorise les maladies et à terme la disparition des arbres. Ces dépérissements entrainent des chutes de branches qui alimentent une dynamique d’intervention contre-productive qui pénalise les cultures et les rendements.

Utiliser du matériel adapté

Avant d’engager systématiquement une intervention on doit observer les haies. L’intervention est-elle justifiée ? Si oui, on doit faire appel au matériel le plus adapté. On doit notamment observer le diamètre des branches. Pour de petits diamètres, utiliser le sécateur hydraulique ou le lamier à couteaux qui traite le végétal sans le dégrader. Pour des diamètres plus importants utiliser le lamier à scies qui permet une taille jusqu’à 20 cm de diamètre. L’utilisation de ces outils n’est pas systématique chaque année et on considère qu’un passage tous les 3 à 5 ans suffit. La taille sommitale qui vise à «décapiter» les arbres est inutile et grosse consommatrice de temps et d’énergie. Elle n’a aucune justification technique et doit donc être proscrite. En faisant appel à l’observation de son patrimoine arboré on peut éviter de nombreuses interventions qui économisent temps de travail, carburant, matériel et préservent les bénéfices environnementaux qu’apportent les haies sur une exploitation agricole.

Plus d'infos sur www.arbrespaysagestarnais.asso.fr